lundi 14 mai 2018

L'Osiris de passage à Crozet


Le 07 mai, la nouvelle se répand telle une trainée de poudre sur la base : un bateau est visible depuis la base. Il fait route dans le canal des Orques au Nord-Est en direction de la Baie du Marin. Aux jumelles je reconnais immédiatement l’OSIRIS. La surprise est d'autant meilleure que nous n'attendions pas d'escale et que nous connaissons déjà l'équipage de Ronan Coïc qui était venu nous rendre visite en décembre.

Contact téléphonique est pris avec la passerelle. L’officier de quart m’annonce qu’il est en patrouille à proximité de l’Île de la Possession et qu’il est venu se mettre à l’abri de la tempête en cours et des conditions de mer très difficiles. Compte tenu de la mer, il n’envisage malheureusement pas de mouiller. L’OSIRIS « tire des rails » devant la base durant l’après-midi et disparait en fin d’après-midi : il est allé se réfugier dans la Baie Américaine pour y passer une nuit au calme... et y restera finalement deux jours du fait de la tempête qui fait rage ! Dommage nous aurions bien aimé accueillir la joyeuse bande de l'OSIRIS pour la cérémonie du 08 mai.

Ce n'est que partie remise. Le bateau se présente le 09 devant Port Alfred. Début des opérations de débarquement et d’embarquement : six personnes de l’OSIRIS descendent à terre en deux rotations. Six personnes de la base embarquent sur l’OSIRIS. Après le déjeuner, on fait tourner une nouvelle fois le Zodiac. Finalement dix des quatorze membres d'équipage seront venus à terre se dégourdir les jambes.

Il est 17h30 et déjà la nuit tombe sur Crozet. Il est déjà temps de se dire au revoir et reprendre la mer ... Bonne mission les gars ! Le district de Crozet et toujours heureux de vous accueillir !

 
L'OSIRIS devant Port Alfred, au loin l'Île de l'Est enneigée au soleil couchant


Opération de "beachage" : bienvenue à l'équipage de l'Osiris les pieds dans l'eau ...

Certains se tremperont un peu plus que les pieds en descendant du Zodiac ... et l'eau n'est pas tout à fait à des températures tropicales !

Le débarquement par Zodiac est toujours une opération délicate : notez la taille relative des embarcations et même si la Baie du Marin est abritée, il y a tout de même ce qu'il faut de houle ...

A marée basse, il n'y a pas trop de choix : le débarquement se fait en "beachant". Le jeu consiste à prendre la bonne vague. L'équipage de l'Osiris est très affuté mais l'adversaire est coriace. Une vague traitresse et ... plouff ! et elle est franchement froide !

Et pendant ce temps, imperturbables sur la plage, manchots et éléphants de mer se moquent pas mal de l'agitation des bipèdes pataugeant ...

 





Petit déjeuner à l'anglaise au milieu des 40èmes

Thanks to our cooks !


Nous célébrions le 13 mai la fête officielle de Jeanne d'Arc. Malgré le sort tragique réservé par nos voisins d'outre-manche à la glorieuse pucelle d'Orléans, Crozet avait décidé, dès la semaine précédente, de rendre hommage à l'amitié franco-britannique ... et honorer un monument de leur gastronomie ! 

Voici donc un bref compte-rendu en images du petit déjeuner préparé par Maurice et Pascal, nos "cooks" émérites. Ils avaient mis les petits plats dans les grands et dévoilé des trésors d'ingéniosité culinaires pour offrir à la base "their famous full English Breakfast". Jugez-en par les photos des mines joyeuses de Mélissa et Bruno, nos deux gastronomes attitrés : succès total !  

... et l'hiver n'a qu'à bien se tenir : nous sommes parés pour affronter vent et neige à présent !
 










vendredi 11 mai 2018

Cérémonie du 08 mai 2018 sur la base Alfred Faure

En plein vent ...



La cérémonie du 08 mai 2018 restera sans doute dans la mémoire de la plupart des militaires de Crozet comme la plus venteuse de leur carrière. 

Toute la mission 55 était en effet regroupée à 11:00 au centre de la base Alfred Faure, alors balayée par des vents de plus de 60 nœuds. Mis a rude épreuve par de terribles bourrasques, les rangs sont cependant demeurés impeccablement alignés pour saluer les couleurs et rendre hommages aux héros et victimes du conflit 39-45. Des casquettes et képis ont certes volé mais la commémoration de la victoire, orchestrée par l'Armé de l'Air, a été dirigée avec une grande dignité et une tenue parfaite par Yvan, Adjudant Chef et par ailleurs Gérant Postal du district. Les conditions météorologiques ne permettant pas de rester dehors, le discours de Madame Geneviève Darrieussecq, Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées, a été lu à l'abri du bâtiment commun. Un "pot" républicain est venu réchauffer tout le monde à l'issue de la cérémonie officielle.


Quelques minutes avant la cérémonie, toute la base se regroupe au centre de la base. Alors que les militaires s'alignent face au mât des couleurs et en plein vent, les "civils" se tiennent à l'abri d'un bâtiment. La température est de 0°C à l'abri. Question du jour : quelle est la température ressentie avec un vent de 110 kmh ?
Le simple fait d'accrocher le drapeau est une aventure !
La cérémonie est orchestrée par l'Armée de l'Air : elle est dirigée par Yvan (GP), Brice est, pour sa part, chargé de hisser le drapeau qui claque au vent.
Le drapeau tricolore, salué par les militaires, flotte sur Crozet. Ce beau pavillon a été offert au district lors du récent passage du Nivôse. Nous profitons de cette page de blog pour envoyer à tous l'équipage un salut confraternel.
Penchés en avant pour résister à la pression des éléments, képis et casquettes solidement vissés sur la tête : Christophe, Marc, Bruno, Salami, Cyril, Julien et Louis-Pierre.

Yvan, le maître de cérémonie.
Louis-Pierre, notre électricien, avec son flegme de marin brestois face à cette gentille petite brise.
Marc, le Chef infra, en a perdu sa longue barbe !
Cyril (appro) et Yvan après un bon sprint derrière des casquettes volantes, emportées par un bourrasques plus violente que les autres.
Julien, chef centrale / sécurité, notre marin toulonnais, semble regretté la douceur du climat méditerranéen !
Toute l'équipe regroupée en Vie-Com au terme d'une belle et digne cérémonie dans les conditions toutes australes que nous réservait Crozet en ce 08 mai 2018. Un bon souvenir pour tous !


jeudi 26 avril 2018

Une visiteuse bien inattendue ...

Une hirondelle rustique de visite sur l'Île de la Possession


Depuis quelques jours et le passage successif de forts coups de vent, une rumeur courrait dans la base. Certains avaient cru voir voler un ou deux oiseaux "exotiques" pour nos contrées. Les discussions allaient bon train jusqu'au coup de téléphone de Christophe, le chef Garage : "une hirondelle a trouvé refuge en haut d'un mur de mon atelier mécanique". En quelques minutes, l'information s'est répandue telle une trainée de poudre et bon nombre des hivernants se sont retrouvés dans le garage pour saluer notre hôte si improbable. 

Le jugement de Célia, ornithologue attitrée (programme 109 de l'IPEV), était sans appel. Il s'agit d'une hirondelle rustique, sans doute égarée très au sud alors qu'elle empruntait le chemin de sa migration vers l'Europe, depuis l'Afrique du Sud, où elle a passé l'été austral. Il faut dire que ces dernières semaines ont été particulièrement tumultueuses avec des vents très violents. Un si frêle volatile ne pèse pas lourd dans la tempête des hautes altitudes. Heureusement pour lui, il a trouvé sur la base Alfred Faure un havre de paix et de repos. Entreprendra-t-elle seule le voyage vers le nord quand elle se sentira revigorée ?   

Notre visiteuse installée bien au chaud dans le garage ...

 








Hirondelle rustique

Hirundo rustica - Barn Swallow

Systématique
Ordre : Passériformes
Famille : Hirundinidés
Genre : Hirundo
Espèce : Rustica
Descripteur : Linnaeus, 1758

Biométrie
Taille : 18 cm
Envergure : 32 à 34 cm.
Poids : 16 à 25 g
Longévité : 16 ans


Aire de distribution de l'hirondelle rustique : on note sa présence en Afrique du Sud lors de l'hiver dans l'hémisphère nord. Sans doute notre visiteuse à passer l'été dans le sud du continent africain avant de songer à repartir dans le nord. Elle aura été prise par un vent tempétueux qui l'aura conduite jusqu'à Crozet.

Ce phénomène n'est pas si rare et plusieurs écrits de mes prédécesseurs chefs de district attestent de l'observation d'oiseaux migrateurs perdus et échoués à Crozet, à bout de force.